Cet article « L’Afrique, destination préférée des investisseurs indiens ? » est publié à la page 40 du Magazine FORBES AFRIQUE, en JUIN 2013.
Chine ou Inde : quel est le meilleur partenaire pour l’Afrique ?
L’Afrique possède un gigantesque potentiel qui suscite l’envie à l’étranger et dont l’heure est venue de tirer profit pour le continent. Serge Bakoa, avocat au barreau de Paris, spécialiste en fiscalité, investissements et financements pour de grandes entreprises et des Etats, répond à Forbes Afrique.
Lequel des partenariats Chine-Afrique ou Inde-Afrique est selon vous le plus intéressant pour l’Afrique ?
SERGE BAKOA : Sur le plan strictement financier, le partenariat Chine-Afrique semble à ce jour plus intéressant. A titre d’exemple, le rapport 2011 de la Zone franc révèle que la Chine est devenue le premier bailleur de fonds du Cameroun. On sait aussi que les banques chinoises investissent massivement en Afrique du Sud depuis quelques années. Mais les Indiens sont en train de réagir, par le biais notamment d’Exim Bank of India dans le cadre du partenariat Inde-Afrique.
Qu’est-ce que l’Inde apporte de plus à l’Afrique que la Chine ?
SB : L’Inde a une certaine proximité culturelle avec l’Afrique, de nature à favoriser la compréhension mutuelle. En outre, elle semble plus disposée à renforcer les capacités opérationnelles de l’Afrique, notamment en matière de transfert de technologies et de formation professionnelle. On sait que ces deux points sont fondamentaux dans l’émergence de l’Afrique. C’est là où l’Inde peut faire la différence. Certains pays d’Afrique ont réalisé des études et sont arrivés à la conclusion que l’Inde serait un partenaire idéal pour leur décollage industriel et économique.
La stratégie des entreprises françaises a-t-elle changé pour contrer la concurrence indienne en Afrique ?
SB : Compte tenu de la situation économique en France, les entreprises françaises n’ont pas d’autres choix que de trouver de nouveaux relais de croissance. Les pays émergents (dont l’Inde fait d’ailleurs partie) et l’Afrique les intéressent. En Afrique, la concurrence devient de plus en plus rude et les mentalités changent. La stratégie des entreprises françaises consiste à capitaliser sur leurs réseaux et implantations existants en Afrique et de ce fait je ne vois pas de changement majeur. La nouveauté réside dans le fait que leur stratégie sera désormais relayée par le déploiement d’une nouvelle diplomatie économique que le Quai d’Orsay entend systématiser. Mais un maillon devra nécessairement être pris en compte par les entreprises, quelles qu’elles soient, en Afrique : les nouvelles générations qui arrivent aux affaires.

